La vie bien ordinaire d'une lesbienne bien ordinaire
- Blue B. STEFENSEN

- 2 févr. 2011
- 2 min de lecture
Comme toi, j'aime me réveiller à ses côtés, écouter sa respiration lente et sereine. Je réalise alors quelle chance inouïe j'ai de l'avoir à mes côtés... La femme de mes nuits, la femme de ma vie...
Comme toi, je la réveille en lui murmurant des mots doux au creux de l'oreille, en profitant de sa chaleur sous les draps... Je ne connais rien de plus grisant que la chaleur de l'autre...
Moi aussi, je la couvre de bisous dans le cou qui l'agacent et la font rire aux éclats...
Et j'invente toujours des petits noms pour lui parler : "Mon tit coeur des îles, tu veux ton café maintenant ?", "Bibou, tu sais où j'ai mis les clefs de la voiture ?", "Amour de femme, devines qui vient manger ce soir ?"... Tu vois, moi aussi, je ne suis pas à court d'imagination pour la nommer, même si ça frôle le ridicule parfois : je m'en moque... Je l'aime. Comme toi...
Comme toi, je parle souvent d'elle, de ces petits tics qui font son charme, de ses qualités qui font qu'elle est la plus belle chose qui me soit arrivée jusqu'ici... Comme toi, je donnerais ma vie pour qu'elle soit heureuse et épanouie...
Comme toi, j'ai plaisir à la prendre dans mes bras, à respirer l'odeur de sa peau, à lui dire que je l'aime fort, à m'en décrocher le coeur, que ses larmes me bouleversent et qu'elles m'attristent... Comme toi, je fais le clown pour lui redonner le sourire et balayer les nuages...
Comme toi, j'aime les dimanches improvisés et les après-midi pluvieuses, à mater des séries sous la couette et plus si affinités...
J'ai somme toute une vie qui ressemble à la tienne, une vie bien ordinaire à y penser...
Sauf que toi, tu peux prendre la main de ton compagnon en pleine rue, sans que les passants te dévisagent... Tu peux l'embrasser à une terrasse de café sans que ça fasse jaser les habitués des lieux...
Oui, toi, on ne te crache pas à la gueule que t'es qu'une "gouine" ou qu'une "salope", quand tu le prends par la taille...
Oui, toi, tu peux prendre sa main et la poser sur ton ventre rond, lui dire qu'il sera un merveilleux papa...
Je ne t'en veux pas...
Je te poserais simplement cette question : pourquoi n'avons nous pas la même vie puisque nous aimons de la même manière ? pourquoi n'ai-je pas les mêmes libertés du moment que je ne t'en enlève aucune ?
Ainsi va la vie ordinaire d'une lesbienne sans doute trop ordinaire...
Blue BORDERLINE
Texte écrit le 02/02/2011








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