Le renard du désert
- Blue B. STEFENSEN

- 16 mai 2014
- 1 min de lecture
Au milieu de ce désert aride, du haut de cette dune, il y a ce mur.
Je les entends.
Moi, insignifiant renard du désert, - cet espace sans porte, jonché de souvenirs -, oui, moi, l'animal, j'entends les hommes parler aux pierres...
Hommes fous, hommes dieux, hommes debout, hommes odieux, ils se sont érigés comme les rois du monde. Et devant mes yeux, le front collé à la brique, le teint d'albâtre, l'homme debout s'est résolu, non sans honte, à se mettre à genoux, moins que rien, moins que le lierre qui court entre les fissures de ce simple mur...
Ici, le mur des Lamentations. Là-bas, ils l'appellent le mur de Berlin. Ou la muraille de Chine. Peu importe le nom qu'ils donnent à leurs murs, couverts ou non de tags et de graffiti, de béton ou de plâtre. Peu importe le nom qu'ils prêtent aux murs et à leurs enceintes, puisque c'est aux pieds de ces mêmes murs que l'homme redevient poussière, emprisonné dans sa condition d'homme qui détruit et qui a oublié qu'il peut être lui aussi détruit. Quand l'homme ne sera plus, il restera les ruines de ces murs. Rien de lui ne survivra, si ce n'est ce mur qu'il a bâti.
La pierre est dure, l'âme est tendre. Le sol est ferme, l'esprit est volatile.
Nul blocage, pas même en rempart, pour m'arrêter, moi, le Renard de ce désert silencieux. Et je n'ai que faire s'il ne reste rien de moi après ma mort, il n'y aura pas de mur pour me pleurer...








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