Le grimoire
- Blue B. STEFENSEN

- 5 oct. 2014
- 2 min de lecture
C'était en automne. Ma plume s'était faite capricieuse, presque silencieuse. Je sortais tout juste d'une séparation, un amour déchu dont les conflits m'enveloppaient encore. La nostalgie des jours heureux et le vide qu'ils avaient laissés en moi me plongeaient dans de longues méditations. Les jours s'écourtaient, mais les maux ne s'effaçaient pas pour autant. J'épelais à haute voix le mot "anticonstitutionnellement" pour faire passer le temps. Passe-temps ridicule, certes, et qui ne trompait en rien mon ennui. Le ras le bol général me donnait la nausée.
En amour, il n'y a pas de lois ou de règlements. Et toutes les histoires ne finissent pas par un mariage. Bien souvent, nous nous perdons dans un gaspillage docile de sentiments ambivalents, sans songer que notre vie est aussi fragile que la porcelaine. Au lieu de paupériser nos relations amoureuses, il faut endosser nos armures de guerrière ou de samouraï pour sauver les vestiges de ce qui est précieux et si confidentiel.
Oui, c'était en automne, alors que la nature avait revêtu son tapis de feuilles jaunies. Mon parapluie était devenu mon seul meilleur ami. L'hiver, cette saison aux relents de mort, approchait à pas feutrés.
Il fallait que j'échappe à cette désespérance que ma bipolarité accentuait bien malgré moi. Pris d'un frénétique onanisme cérébral, orage de pensées diffuses, je vivais pourtant avec une lenteur extrême, comme celle d'un panda mâchonnant ses feuilles d'eucalyptus. Je me forçais à ne pas me pencher sur l'écriture de ma dernière nouvelle, aux effluves de saphisme. Il était inutile que je m'acharne à la peaufiner. Je me refusais à oser quoique ce soit, et encore moins à entamer un autre travail. Mon écriture, si sensuelle d'habitude, demeurait muette. Peut-être aurai-je dû consacrer ma vie à écrire des pamphlets. Ce fut certainement moins dur pour mon âme encline à la mélancolie.
Au loin sonna enfin l'angélus, annonçant avec délectation le début des voyages intérieurs. Je sortis donc de ma bibliothèque un vieux grimoire à la couverture abîmée par le temps. A sa lecture, je me retrouvais transporter en pleine forêt de Brocéliande, au milieu des ancolies, où une majestueuse licorne mangeait dans ma main, où les sirènes me couvraient de leurs chants, avec bienveillance. Avec ferveur, mon attention inclinée vers les méandres de mon imaginaire, j'interrogeais l'oracle sous un séquoïa immense : combien de temps allais-je encore souffrir de son absence, de l'absence de celle qui illuminait mes jours ?
Mots proposés par les internautes :
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Chrysa Lide Oser
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3 octobre, 20:34 · J’aime
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