Au nom du Roi...
- Blue B. STEFENSEN

- 28 déc. 2018
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 mars 2020
Toi qui me toise avec l'air gouailleur, la pierre à la main, sais-tu seulement l'éventail de tous les subterfuges qu'il me faut inventer à chaque récréation pour éviter ton courroux et tes projectiles ? Parce qu'un petit garçon aux ongles vernis ne joue pas avec les filles, parce qu'un Roi, un vrai, ne peut prendre la place de la Princesse de la famille. Il était une fois...
Toi, l'ado, humoriste à tes heures, et ton océan d'admirateurs, savez-vous seulement combien il faut d'empathie pour essayer de comprendre vos moqueries d'adolescents ? Combien il faut de bienveillance pour ne pas répondre à vos quolibets ? Suis-je donc le seul à voir les immondes scolopendres qui s'échappent de vos bouches haineuses ? Parce que maintenant les grands garçons jouent avec les filles, parce que maintenant le Roi peut tomber toutes les Princesses de la terre. Oui, il était une fois... Ou deux...
Toi, le Roi, l'Homme, le vrai, devant toi, devant eux, j'avance.
Sous vos sourires moqueurs et derrière vos messes basses, j'avance.
Ignorez-vous ce qu'il m'a fallu de courage pour enfiler ces talons et cette robe de dentelle orangée, de témérité pour maquiller mes grands yeux et sortir ainsi dans la rue ? Parce que un Roi ne porte pas de robe de Princesse, parce que le Roi ne peut être une Princesse, parce que tout ça, ce sont des contes pour enfants.
Écolier, lâche ton caillou bien inutile... A tes yeux, certes, je n'ai rien d'une Princesse mais toi, aux miens, tu n'as rien d'un Roi, malgré ton magnétisme animal. Tu ressembles plutôt aux petits princes qui m'ont fait miroiter les délices de la sérendipité alors que je n'ai pas leurs droits et encore moins une once d'avenir avec eux. L'Amour, quelle aventure dans ce corps enfermé !
Oublie donc tes moqueries de boutonneux gothique ! Mon Roi, je reprends ma liberté puisque le masculin l'emporte sur le féminin, puisque le singulier ne peut rivaliser avec le pluriel, puisque notre passé est englouti par un présent trop encombrant.
Ravale ta haine ! Je ne veux ni de ton amitié ni de ta pitié et encore moins d'un sursaut de conscience. Ta bêtise a usé mon assertivité. Ta peur, aussi grande que ton royaume, a écorné l'amour que je te portais. Oui, mon Roi, je préfère être seul au milieu de l'Hiver et de ces candélabres, compagnons de fortune, que parmi ta cour, aussi grimée que moi. Je n'ai pour seule bannière la désobéissance, celle qui marque au fer rouge les miens, nés sous le signe de la différence.
Au nom du Roi, je réclame la tolérance, le droit d'être aimé. Tout simplement aimé.
Blue B. Stefensen - Tous droits réservés - Décembre 2018
Mots donnés par les internautes :
Eventail : Liberty Ma
Subterfuge : Chrys Telle
Vrai : Olivia Lopez
Famille : Bérangère Augereau
Humoriste : Jimmy Milleville
Océan : Naty Green
Empathie : Sabine Gentil
Bienveillance : Valérie Romano-Muset
Scolopendre : Laurence Cavenne
Dentelle : Brujita de amor
Orangée : Marie-Isabelle Mack
Magnétisme : Claire Daubail
Sérendipité : Kiren in Wonderland
Aventure : Domyno Dominique
Liberté : Corinne Robert
Amitié : Marie Roux
Assertivité : Geneviève Giorgi
Candelabre : nina Vivien
Désobéissance : Audrey Rhote-vaney Delaigle
Sublissime : Lewis Eli Markus
Enfermé : Patricia Gynette Kravtzoff-Magnan
Gothique : Françoise Lucas Griffon
Hiver : Babounette Scarabée








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