Amer amour
- Blue B. STEFENSEN

- 5 janv. 2014
- 4 min de lecture
Un jour d'Epiphanie. Un jour comme un autre. Le soleil se délecte de la rosée matinale à s'en rendre ivre. Je contemple les cottages voisins. Pas de Mary Poppins ni de supercalifragilisticexpialidocious à l'horizon. La nature ne m'a jamais autant paru insolente dans son écrin de verdure...
Embarrassante mélancolie ou zénitude béate, je me laisse envahir par cet étrange sentiment alors que Gribouille, mon adorable chatte, maîtresse des lieux, vient délicatement se frotter contre mes jambes et me léchouille le mollet. Le feu crépite encore dans la cheminée et cet horrible café ne me sauvera pas de cette langueur qui s'immisce en moi.
Je lutte... Je te jure que je lutte...
Dans ma chemise usée, je n'ai rien de glamour. Je m'en fous royalement. J'attrape mon paquet de cigarettes, jeté au fond d'un petit coffre vide à cigare. M'en griller une. S'en est presque désopilant de voir comme je peux sombrer d'une seconde à l'autre dans une rage puérile et ce, pour un rien : mon briquet est vide. Comme mon regard. Putain de briquet. Putain d'allumettes que je n'ai pas. Putain de réveil à la con...
Je lutte... Je ne sais même plus pourquoi je lutte...
Plus aucun rire ne résonne dans cette vieille maison de pierre. Même les oiseaux se sont tus. Moi aussi, j'aimerais qu'elle se taise, cette putain de douleur...
Comme dirait le paysan du coin, " Tézig et mézig, c'est fini"... Oui, toi et moi, c'est fini... Terminé...
J'en suis malade... J'en suis malade à crever, tu sais. Je n'en mourrai certainement pas. Et c'est bien dommage. Ca aurait fait quelque chose à écrire dans la gazette du bled.
Venise n'y aura rien changé. Le voyage de la dernière chance. Le fabuleux et inespéré regain ne vient pas...
Bas les masques...
Mais que nous est-il arrivé , Bébé ? Est-ce l'ennui qui nous a vampirisé ? Dans quel au-delà s'est enfui l'amour que tu me portais ?
Je me souviens de ces feux de Bengal que nous avions regardé s'éteindre, blotties l'une contre l'autre, dans la gondole. Ils se sont éteints, et je ne me doutais pas que l'alchimie des âmes pouvait s'éteindre tout aussi rapidement...
Tu n'es pas là... Tu n'es plus là...
Mon coeur chante un lourd requiem aux oreilles du silence, devenu mon compagnon d'infortune.
Au diable la compassion ! Au diable ce ridicule altruisme qui se penche sur ce pathétique amour déchu !
Je me jette à nouveau dans ce lit que je n'aurai pas dû quitter...
Tu n'aurais pas dû me quitter...
Et je crie ton prénom au creux de l'oreiller... Qui pourra m'entendre ? Qu'est ce que ça peut faire que je pleure comme une gamine qui vient de se casser la gueule dans le bac à sable des grands...
Je lutte. Putain, je lutte ! Les souvenirs affluent, comme un inévitable poison dans mes veines...
Tu es ma plus belle addiction. Tu as su, dès le premier jour, me rendre heureuse, comme aucune autre. Je ne dis pas ça pour que tu reviennes. Mais je le dis quand même. Pour toi, j'ai accepté cette lente et douloureuse mutation de l'être qui se laisse aimer à nouveau. Qui baisse les armes. Qui baisse sa garde. Qui baisse ses yeux devant une femme. Celle qui fait trembler d'un murmure glissé à l'oreille...
Mon dieu, que l'on m'achève ! Ici. Maintenant.
Mon corps en asymétrie. Mon coeur en arythmie...
Renoncer à tes lèvres charnues au goût de sel... Je voudrais qu'on m'arrache les yeux ! Je voudrais être Tirésias et ses yeux morts... Je ne pourrais plus regarder ma Muse. Qu'on en finisse puisque qu'elle ne reviendra pas à mes côtés...
Amour, doux Amour, je donnerai mon royaume et mes haillons pour goûter à ton sourire pétillant et à ta bouche assassine. Je veux respirer ta peau, constellée d'éphélides comme la voie lactée. Je veux respirer son odeur. Je veux de mes mains fiévreuses, parcourir ton corps et guetter ton excitation...
Oui. L'amour est nyctalope : nous voyons derrière nos paupières closes le désir naître à l'embrasure d'un croissant de lune. Ce désir de faire renaître le volcan éteint. Nos envies sont alors le seul radar nécessaire à nos jeux. Combien de fois ma langue a t elle dessiné de tortueux chemins sur ces collines adipeuses et leurs fabuleux contours... La douceur de nos baisers me lacère ce qu'il me reste de cerveau... Ta sensualité à fleur de peau me bouffe ce qu'il me reste de triples...
Putain mais rappelle-toi ! Rappelle-moi !
Je me ferais aussi douce qu'une plume pour aller boire ton miel. J'en deviens pathétique... Je pleurniche comme une gamine. Poésie de merde. La plus grande des manipulations, c'est d'enchaîner l'autre à la folie d'aimer. Je suis en adoration devant tout ce que tu fais. C'est con. J'adore même tes changements d'humeur soudaines.
Tu as l'art et la manière de me faire enrager avec tes caprices... Mais je les accepte, tes humeurs d'enfant terrible. Putain... Pourquoi n'appelles-tu pas ????
L'amour... Je rayerai sur le champ ce mot de la langue française si je le pouvais.
Ce matin, j'ai préparé ta tasse de thé. Comme d'habitude.
Et je l'ai vidé dans l'évier. Comme d'habitude.
La disparition de toute tendresse est le terreau de la plus terrible des afflictions....
Que nul ne prenne ombrage de mon dégoût de tout...
Elle était ma drogue. Ma came.
A cette seconde, j'embrasse la pesante réalité, violent coït non consenti : tu ne reviendras plus...
Mots donnés par les facebookiens :
Pauline Heyse : L'amour📷Domyno Dominique : Heureuse📷Patrick Colin : MainMarie-claude Clerian : Mutation 📷Isabelle Ketterer : Calin📷Sylvie Liaud : excitation📷Ingrid Clément : Manipulation📷Melle Cannelle : Embrasure...📷Jimmy Milleville : Epiphanie.📷Titouana Malo : Soleil📷Claire Daubail : Sel📷Za Boo : Colline, plume, adipeux, coït, tézig, regain, addiction, feux de bengale, voix lactée, gribouille📷Adeline Destresse : Regarder sa muse, Pétillante, radar, volcan, thé, croissant, câlin, corps, embrasser, ombrage, enrager, malade, cottage, odeur, charnu, écrin, fabuleux, romantique, rage, enrager, requiem, mezig, adoration, vampiriser, arythmieFleurdesilestipanie Pacifique Océan: réveil, tendresse, douceur📷Mary Loluyo : doigts📷Christelle Abadie : coffre📷Cecile Ceccomarini Guarani Kaiowá : ivre, éphélides📷Claire Daubail: Désopilant📷Sabine Becouze : lechouille📷Cris Alix : sauver📷Karine Karine : Altruiste📷Marie Barrillon : Rosée matinale...📷Ghislaine Dallavalle : oreiller 📷Valérie Tonnerre de Brest : sensualité📷Mary Loluyo : tortueux📷Cricri Lulurette : nyctalope 📷Louve Acacia Supercalifragilisticexpialidocious📷Patrick Colin : Muse📷So Lilou : zenitude, alchimie, langue, cigarettes, drogue, Venise, Chat, voisins, compassion, rire, bébé, mourir, envahir, disparition, l'au delà, art, cheminée, terminé📷Chrys Indigo Halot : café








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