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Stefensen

Ecrivaine et charmeuse de muses

Découvrez Charlie G. Cork, garmente la femme dragon et l'Ange noir

Une jeune femme à la chevelure rousse

Charlie G. Cork

Chapitre 1 :

Recherche personne sérieuse

 

★ Mise à jour 25.11.2023 ★

 

L’homme en bleu de travail avait de quoi impressionner avec sa stature de géant et ses biceps saillants. Ce genre de gars ne surprendrait personne s’il sortait une kalashnikov en plein supermarché, pour menacer l’idiot qui l’avait doublé à la caisse.  

— Ça vous gêne si on se tutoie ? demanda-t-il en se raclant la gorge.

— Non… balbutia une voix presqu’inaudible.

Puis sans doute consciente de ne pas avoir été entendue, la voix s’empressa de rectifier encore moins assurée :

— Je voulais dire : Non, ça ne me dérange pas…

— Parfait. Je vais être cash avec toi : je ne suis pas sûr que ton C.V. soit exactement celui que l'on recherche, avoua-t-il sans trop s’embarrasser de sa franchise.

La frêle silhouette s’enveloppa dans le silence quelques secondes, hésita et se reprit :

— L'annonce disait qu'une première expérience était acceptée...

— Tu ne corresponds pas vraiment au profil, marmonna le colosse en caressant sa barbe taillée avec soin et légèrement grisonnante.

Il poursuivit :

— Je ne comprends pas pourquoi tu as répondu à cette annonce…

— J'ai vraiment besoin de travailler…

— Oui. Ça, je m'en doute, jeune fille, répondit-il un rien moqueur en toisant la fragile silhouette.

Emmitouflée de la tête aux pieds dans un manteau trois fois trop grand, elle ne se découragea portant pas :

— Je peux prendre des appels, taper des courriers et je maîtrise pas mal d’outils informatiques...

— Ce n'est pas vraiment le problème, la coupa-t-il un rien agacé devant l’entêtement de cette gamine.

Le visage aux sourcils froncés de son interlocutrice lui indiqua que de vagues explications ne suffiraient pas à la décourager.

— Écoute, Charlotte...

— Charlie… le coupa-t-elle, presqu’en excusant.

— Euh… Oui, pardon, dit-il en baissant les yeux pour la première fois. Charlie donc.

Reprenant un peu confiance en elle, elle poursuivit :

— Il s'agit bien d'un mi-temps ?

— Oui. C'est un mi-temps, mais...

— Vous savez, j’ai l’habitude des petits jobs pour payer mes études…

— Encore une fois, ce n’est pas ça le problème… insista l’homme en passant son immense main dans ses cheveux poivre et sel.

— Je ne comprends pas vraiment…

— OK, Charlie. Je vais être direct. Si je reprends ton CV, tu as une licence en psychologie, une licence en droit pénal et un Diplôme universitaire de criminalistique, énonça-t-il avec une voix plus résolue. C’est un CV digne d’Einstein.

— C'est pour cette année...

Devant la mine défaite de l’armoire normande, l’inconnue précisa :

— Le Diplôme universitaire… C'est cette année que je le prépare...

— Ça ne change rien malheureusement…

— C'est donc à cause de mes diplômes que vous hésitez à m’embaucher ?

— Bah, écoute. Oui. Je suis désolé de te dire ça Charlie, mais tu as tout juste 22 ans et…

— 23 dans quelques mois, s'empressa Charlie en se redressant légèrement sur sa chaise. Elle ne voulait rien lâcher mais Arnold était tout aussi déterminé.

— Justement. Tu as bientôt 23 piges et un CV de dingue. Ne le prends pas mal, mais tu es une intellectuelle. Charlie, sois réaliste, tu vas t'ennuyer sur ce poste ! On cherche juste quelqu'un pour s'occuper du secrétariat, tu comprends ?

— Je suis quelqu'un de sérieux. Vous n'avez aucune inquiétude à vous faire. J'ai vraiment besoin de ce job.

— Tu es plutôt du genre têtu, c’est le moins que l’on puisse dire. Je vais en parler au patron…

— Je vous remercie, souffla-t-elle, avec une voix pleine d’espoir.

— Je ne te promets rien. On est bien d’accord ?

— Oui.

Arnold l’observait fixement. Charlie lui adressa un timide sourire à la fossette encore enfantine. Elle paraissait minuscule, ainsi engoncée dans cet épais manteau. On aurait dit un petit oiseau tout juste tombé de son nid. Elle avait dans ses grands yeux bleus un je-ne-sais-quoi qui interpellait sans qu’on puisse en expliquer la raison. Arnold se racla la gorge, gêné par le regard reconnaissant.

Arnold décida d’achever l’entretien :

— Je te tiens au courant, conclua t-il.

Après un au revoir inaudible, Charlie passa le seuil de la porte comme elle l'avait franchi : avec une remarquable discrétion. Arnold songea qu'il avait été peut-être un peu trop brusque. Il prit le CV et le déposa dans la bannette du courrier arrivé.

Une voix le tira de ses pensées :

— Si je ne te connaissais pas aussi bien, Honey, je dirais que cette fille t'a troublé.

— Elle m’a flingué. Tu as vu ses yeux… murmura le colosse en se laissant tomber lourdement au fond de son fauteuil.

— On dirait que tu viens de prendre un upercut… ironisa Olympe. Elle fit claquer bruyamment une grosse bulle de son chewing-gum vanille fraise. So cute !

— Non, ce n’est pas ce que tu penses. Arrête avec tes sous-entendus, dit-il un rien vexé. C’est qu’une gamine. Tu te rends compte : 22 ans, bardée de diplômes et prête à prendre un job tel que celui-ci ?

— Elle a des allures de lycéenne. Je ne lui aurais pas donné cet âge-là, truly. C’est touchant cette façon de presque s’excuser d’être là… Mais compréhensible à la fois si c’est bien elle que nous cherchons.

— Ne fais pas de conclusions hâtives. Peut-être qu'on se trompe. Après toutes ces années, difficile d’avoir des certitudes. On verra bien ce qu’en dit le Patron.

Après avoir fait craquer ses doigts, Arnold se leva et s’étira. Olympe reprit :

— Je te sens nerveux, Honey. Quelque chose ne va pas ?

— Rien. Juste une sensation bizarre en la regardant. Ce regard. Cette tristesse. Ce truc fragile. Je sais pas le définir exactement. Enfin, je suis plutôt inquiet pour la suite. Tu connais Eden…

— Oh que oui, murmura Olympe avec un sourire malicieux. D’ailleurs, ça fait déjà deux jours sans nouvelles. Tu me diras que c’est dans son habitude…

Olympe s’interrompit, absorbée par ses pensées et son vernis qui foutait le camp.

— J’espère qu’elle a les reins solides, la petite... poursuivit Arnold en faisant craquer ses cervicales.

— Eden lui rendra forcément les choses difficiles, reprit Olympe tout juste sortie de ses pensées esthétiques. Elle peut être dure et d’une froideur sans nom quand elle le veut. Alors cette gamine… You know what I mean…

— C’est bien ça qui me fait peur. Tu as vu sa façon de se tenir, de parler. Presque comme si elle avait peur de déranger ou de dire une bêtise. Eden n’en fera qu’une bouchée.

— Je ne suis pas si sûre de ça. C’est une fille intelligente et je ne fais pas référence à son CV. Indéniablement. D’ailleurs, je trouve ça plutôt cocasse qu'elle prépare un diplôme de criminalistique. Pas toi ?

— Ça ne veut rien dire. Tu parles comme si tu étais certaine que ce soit elle. Et pas sûr qu'Eden soit aussi sensible à son CV…

— Tu as peur de quoi exactement ?

— Qu’on se trompe, Oly… Qu’on se trompe. On a déjà eu tellement de faux espoirs.

— Elle pourrait nous surprendre, tu paries  ?

— Je n’aime pas parier.

— Pourtant je t'ai connu plus joueur, …

— Tu m'énerves, arrête de m'appeler comme ça.

— Et moins susceptible aussi, renchérit Olympe en lui adressant un nouveau clin d'œil.

— Ouaip… En attendant, si on me cherche, suis à la salle.

— Bien, répondit Olympe alors qu'il se débarrassait de son bleu de travail.

Arnold était effectivement plus agité qu'à l'habitude depuis ces dernières semaines, cela n'avait pas échappé à Olympe. Son caractère d'ours mal léché, un peu bourru, n'était qu'une façade : sous cette montagne de muscles aux faux airs de brute se cachait un être foncièrement gentil. Il passait son temps à soulever de la fonte dès qu'il le pouvait pour entretenir ce corps et ses biceps. Il briquait son armure de chair à coups de sueur.

Olympe ne s’y trompait pas : on fait tous en sorte de dissimuler nos failles et Arnold n'échappait pas à la règle.

Elle ne put s'empêcher de jeter encore un coup d’œil à son vernis : une manucure s’imposait. Elle verrait ça plus tard, car il était temps de se remettre au travail. Son job à elle consistait justement à éviter les failles du système réseau.

Arnols avant de franchir la porte lança :

— Au fait, tu m’as trouvé comment dans le rôle du garagiste bourru et misogyne ?

— Impressionnant, .  ! Un acteur digne de ce nom. J’ai même failli intervenir de peur que tu ne la décourages, répondit Olympe qui ouvrait le tiroir de son bureau pour en retirer un bloc note.

Le colosse tourna les talons sans dire un mot.

Il n’avait jamais aimé ça.

Mentir.

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